juin
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Tandis que Laminaria se liquéfiait encore un peu plus sous nos yeux, nous apercevions à travers lui le premier (et le plus rapide) bateau de la Flotte Zandalarienne qui revenait depuis le Nord, de la diversion opérée par les troupes de Jaïna.

Alors que nous nous lancions à la poursuite des derniers reliquats des forces Alliées Kul’Tirassiennes après avoir embarqué sur notre moyen de locomotion fraichement débarqué, l’air se refroidit. Une fine pellicule de givre vint se déposer sur nos épaules alors que des flocons de neige, qui commencèrent à se former, étaient gobés de-ci, de-là, par l’équipage désinvolte de notre embarcation.

Soudain, *woush* ! Un courant d’air balaya la poudreuse qui, une fois retombée, laissa place à un visage glacial : Jaïna se tenait au-dessus de nous sur son disque flottant, nous toisant comme elle seule en avait le secret depuis maintenant des années.

Après un dernier ultimatum que nous ne pouvions accepter, elle commença à faire pleuvoir les Javelots de Glace.

Nous rendant bien compte rapidement que les deux soldats qui l’accompagnaient n’avaient vraisemblablement pas eu trop le choix, nous décidions habilement de les jeter par dessus bord : nous n’étions encore pas trop loin du rivage.

Au fur et à mesure que l’affrontement faisait rage, j’ai eu l’impression de transir de plus en plus fortement et ne pouvais m’empêcher de me demander pourquoi l’ancienne Dirigeante de Theramore était venue nous affronter seule - sans compter ses 2 gardes - ici, en pleine mer ?

Le brouillard qui n’était pas là il y a quelques minutes à peine se fit plus dense et à chaque fois qu’il gagnait en intensité, nous obligeait à nous rapprocher toujours un peu plus de Jaïna. Et alors que nous étions parvenus à l’encercler, elle esquissa un sourire narquois avant de s’écrier : “Je vais vous geler sur place !”.

Paniqués, nous tentons tant bien que mal de nous éloigner de ce piège, aidant tous ceux que nous pouvions au passage : nos guerriers prirent appui sur leurs jambes avant de sauter au loin avec un compagnon sur les épaules, nous autres Paladins avons invoqué nos Destriers Equestres bringuebalant des Gobelins agrippés à nos sacoches latérales (je les soupçonne d’avoir tenté de les fouiller, même dans un moment pareil !) attrapant au passage les diverses mains tendues.

Les Chasseurs ordonnaient à leurs familiers de prendre temporairement des cavaliers en détresse, les Voleurs étant déjà à l’abri grâce à leur Sprint, c’est aux Prêtres, survolant le danger avec l’aide de Plumes Sacrées à qui il revint la lourde tache de tester la Foi de nos alliés avec un Saut dans l’inconnu.

Et tandis que les derniers avaient la glace aux fesses, arrivant par l’intermédiaire d’une Porte des Démons, nous pûmes voir nos Moines terminer leur course-roulade presque par dessus bord, n’étant retenus que par la peau (ou les poils, selon) du cou par quelques aventuriers aux réflexes bien aiguisés.

Nous fanfaronnions déjà d’avoir déjoué cette entourloupe que nous n’avons pas prêté attention une seule seconde aux ombres qui grandissaient sous nos pieds : dans un fracas tonitruant, vinrent s’abattre plusieurs tonneaux pré-enflammés d’huile de naphte (huile qui provenait sans doute des opérations d’extractions de l’Alliance dans la Vallée Chantorage) qui blessèrent et brûlèrent sérieusement plusieurs de nos troupes.

La brume se dissipant un peu à cause de la chaleur des flammes, elle laissa place de tout côté à des navires rescapés de Kul’Tiras. Ni une ni deux, nous décidâmes de charger les balistes et de faire feu sans plus attendre; il fallait gagner du temps pour couvrir nos Soigneurs à l’ouvrage avec les grands brûlés.

Face à ce tir soutenu, même leurs caraques ne résistèrent pas longtemps et coulèrent. Pendant que certains terminaient d’éteindre feues les flammes, tous les autres étaient à présent tournés vers la Fille du Vent Salé, l’acculant. Nos renforts maritimes décidèrent également arriver à ce moment-là. La Capitaine Zadaria s’esclaffa : “Ah ! Des navires de la Horde, vous êtes fait comme des rats !”. Jaïna était cuite. Du moins, c’est ce que nous étions sûr de penser …

“Je …” laissa-t-elle échapper quand son dos vint rencontrer la porte de la cabine. Mais forte de toutes ces années d’entraînement avec les plus grands Mages d’Azeroth, elle trouva l’unique et infime fenêtre pour arriver à se téléporter au beau milieu de l’eau avant de prendre nos bateaux dans une glace si épaisse qu’il nous faudrait probablement plusieurs heures pour nous en dépêtrer et ne manqua pas au passage de narguer la Capitaine d’un : “En êtes-vous certaine, Capitaine ?”

Sans trop avoir de plan d’action en tête, peut-être un peu de manière impulsive également, nous sautâmes du bateau et nous mîmes en chasse. Sans le savoir, nous nous jetions dans son terrible traquenard.

Le brouillard tripla subitement d’intensité et des tornades se formèrent devant nous.

Guidés par ses seules railleries, nous progressions tant bien que mal sur cette zone improvisée par le Givre jusqu’à apercevoir la silhouette de Jaïna, floue et indistincte se tenant à quelques mètres devant nous. Une flèche siffla alors à mes oreilles et vint se planter directement dans sa poitrine. En lieu et place d’un cri d’agonie, la silhouette commença à onduler avant de s’évaporer : une Image Miroir.

Au même moment, notre visibilité s’en trouva amélioré légèrement, avant qu’une autre Image Miroir nous appelle un peu plus loin encore …

Qu’à cela ne tienne, nous étions déterminés ! Nous répétâmes donc le même schéma et pourfendions à coup de hache le crâne d’une seconde Image Miroir.

Et bien que cela ne fit que quelques minutes que nous avions sauté du bateau, il semblait s’être écoulé des heures. Les réflèxes comme l’endurance de pas mal de troupes étaient grandement malmenés : l’avancée était compliquée, la température catastrophique, l’air venait à manquer par moment, et ces tourbillons se rapprochaient un peu plus de nous à chaque fois que nous les esquivions.

Une nouvelle moquerie de l’Archimage, droit devant, au loin, nous dirigea.

Un regain de vigueur s’empara de nous et notre motivation nous ouvrit la voie, nous espérions, pour une ultime fois.

Nous étions presque à sa portée lorsque l’un de nous nous alerta sur des mouvements suspects au niveau du sol; en effet, sans y prêter particulièrement attention, il aurait été très aisé de marcher sur ces petits amas de glace qui émanaient - en quantité assez impressionnante je dois dire - de Jaïna.

Forts de cette information cruciale, nous débarquions à grands coups de bottes à crampons dans l’espace vital de la demoiselle avant de lui interdire l’utilisation de l’Ecole de Magie du Givre quelques instants.

Bonne nouvelle - si je puis dire -, le brouillard s’était complètement levé et nous pûmes distinguer la disposition des lieux : de toutes parts, des murs de glace indestructibles de trois mètres de haut et si cela nous empêchait de sonner la retraite, il en était de même pour la Portvaillant.

Bien décidée à nous en faire baver jusqu’au bout, la Chef des Survivant de Lordaeron se lance à corps perdu dans ce qui semble être sa dernière bataille. Elle a l’air d’être prise de court, pensant que nous nous serions perdus dans le brouillard à pourchasser en vain ses Images Miroir.

Elle tenta bien de faire usage d’un puissant rayon de givre canalisé, mais il était trop lent à mettre en place et à part vouloir l’esquiver en rampant en marche arrière, il était impossible de …

Alors que nous contournions habilement le dit-rayon pour passer dans le dos de Jaïna, nous aperçûmes d’abord avec étonnement puis après avec stupéfaction, que des gros blocs de glace se trouvaient au centre de cette arène éphémère.

Pourtant, une chose est sûre, ils n’étaient pas là quand nous cherchions notre chemin. Et à bien y regarder, on dirait … *Glups* ! Mon sang se glaça - si tant est qu’il pu l’être encore un peu plus - : il s’agissat de certains de nos compagnons d’armes qui n’avaient pas dû entendre le conseil prodigué quant aux pièges sur le sol pendant notre traversée.

Jaïna qui ne perdait pas une seule seconde, profita de notre trouble afin de déclencher une avalanche, laquelle coupa la salle en deux et ensevelit grossièrement notre groupe ainsi séparé.

Pris dans la neige, divisés, nous regardions la Reine du Froid se reposer rapidement avant de se préparer pour la suite - et fin -.

La priorité devait aller à ceux qui n’étaient pas encore passés du côté du zéro absolu.

Je me ressaisis, et tandis que je cherchais une torche dans mon paquetage, ma main vint à la rencontre d’une entité semble-t-il en bois. Qu’est-ce que cela pouvait bien être ? C’était assez gros même si petit, oblongue, dur … En bois ?

Mon regard croisa notre Moine entrain de porter son dernier toast à l’aide de son mini-tonnelet personnel quand tout à coup …

“Des munitions explosives !” m’écriais-je. Une fois allumées, il ne faudrait pas trop trainer dans le coin mais leur chaleur devrait suffire à nous dégager. Heureusement que nous avons coulé ces bateaux un peu plus tôt …

Tous ceux qui pouvaient produire du feu mirent la main à la pâte : du trait de feu à la fusée éclairante en passant par le silex et l’amadou.

Voyant une telle agitation, notre bourreau du jour compris qu’elle ne devait plus trainer et commença à rassembler ses forces.

Notre éclaireur eut la bonne idée d’envoyer son furet préféré avertir l’autre groupe - par message interposé - qu’il y avait probablement des tonneaux explosifs non loin d’eux.

Le second groupe se dépêtrait à peine qu’un rayon de givre tenta de leur caresser le visage avant de venir s’écraser contre le mur qui se trouvait derrière eux, le fragilisant un peu en laissant apparaître des stigmates sous forme de légères fissures.

Jaïna, de plus en plus instable et n’arrivant pas à ses fins, se téléporta alors au centre de la salle, laissant une onde de choc nous bafouer avant qu’une nouvelle couche de glace venant se superposer à l’autre telle une pellicule mortelle fonça en notre direction.

Cette fois, c’était nous qui étions pris au piège; une seule issue possible, une seule chance : le mur précédemment fragilisé derrière lequel se dessinait encore au loin les mâts de notre embarcation.

Et plus cette vague de givre se rapprochait de nous et plus nous tapions comme des forcenés sur ce mur. Plus que quinze mètres avant d’être rattrapés : nos armes s’enfoncent et restent coincées profondément sur cet obstacle vers notre survie. Dix mètres : coups d’épaules, coups de poings, coups de pieds : rien n’y fait. Cinq mètres : on se sert des plus petits comme béliers. Dernier mètre … sur la pointe des pieds, appuyés contre, de toute notre détermination … et il cède : enfin !

Nous fîmes rapidement quelques mètres en avant tout en tentant de garder un semblant d’équilibre. Ce n’était pas le moment de tomber, la vague poursuivait toujours sa course effrenée dans notre direction. Juste à quelques pas de là, nous aperçûmes Nathanos emprisonné dans un bloc de glace, le tout gardé par un Elémentaire à la solde de la Mage. Alors qu’on détournait l’attention de l’Elémentaire, nous parvînmes à libérer le captif - plutôt facilement je dois dire - qui usa de la même magie qui avait servi à le protéger modèstement dans son bloc de glace pour mettre fin à la course du givre.

Le serviteur élémentaire, placé là un peu à la hâte, n’opposa point trop de résistance, tant il ne pouvait qu’exécuter des ordres simples en se trouvant si loin de sa maîtresse.

L’ancienne Chef du Kirin Tor - qui visiblement avait du mal à gérer ses sentiments - lança son ultime riposte : un tir de barrage arcanique.

Je n’avais jamais trop fait attention auparavant, mais cette école de magie a une légère teinte quelque peu rosée. J’aurais pu apprécier le spectacle surnaturel si nous n’avions pas dû trouver notre chemin dans ce labyrinthe d’effets arcanotechnique.

Soudés, avançant d’un bloc - mais pas de glace ! - nous rejoignions une dernière fois la Fille des Mers afin de clôre cette rencontre qui n’avait que trop duré.

Après avoir porté la main à son oreille, elle nous laissa docilement approcher. Fous que nous étions, nous ne nous sommes pas méfiés un seul instant : utilisant notre euphorie naissante, elle attendit que nous fûmes assez près avant de nous aveugler.

Son plan raté de soumettre Dazar’alor - qui lui coûta le Grand Bricoleur Mekkanivelle - , elle fila à bord de son seul et dernier avantage : la flotte de l’Alliance combinée à celle de Kul’Tiras, non sans avoir rendue orpheline la Princesse - et dorénavant Reine - Talanji.

Pour les plus blessés d’entre nous, il aura fallu plusieurs jours de repos pour nous remettre de l’assaut, mais tous étaient réveillés lorsqu’on vint nous porter la nouvelle suivante en pleine nuit : une tempête anormalement dévastatrice se serait levée au large …

Le repos aura été de courte durée; nous embarquons dès demain matin il paraît. Je n’aurai même pas le temps de faire de courses et je risque sûrement de manquer d’enc …

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